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mardi 9 août 2011

Adieu Vancouver !

Me voilà maintenant dans le fameux Greyhound bus. Crevé, vanné, mais les jambes qui me démangent quand même ! On ne récupère pas comme ça dans si long voyage !

24h de bus à travers le Montana, l'Idaho et l'état de Washington

Dans le bus, je rencontre toute sorte de personnes : un ancien démineur, une fugueuse de 15 ans, un russe paumé de 65 ans, 2 voyageuses allemandes de 19 ans, un américain fan de la théorie du complot, un mère catholique stripteaseuse ... rien que ça !

Le soleil se couche dans le Greyhound Bus

Arrivé au petit matin à Seattle

Je m'arrête à Seattle, où je connais Pedro, avec qui j'ai notamment fais 2 ans d'espagnol à l'INSA. Pedro, c'est le type qui a la patate, qui est motivé, qui n'a pas peur, et qui en plus est Marseillais. Moi qui voulait profiter de Seattle, je suis un peu passé à côté. Encore crevé d'une part du voyage, mon vélo s'est perdu d'autre part dans la correspondance, et n'arrivera qu'un jour et demi après. Cela ne nous empêche pas de bien discuter et de sortir prendre un verre.

Un petit tour au bar avec Pedro, ses collocs et des amis

Victoire, j'ai récupéré mon vélo (1,5 jours après être arrivé !)

Puis vendredi soir, lui, ses collocs et moi prenons tous ensemble la route pour Vancouver, où ils ont décidé de passer le week-end. Pour moi, c'est le retour à la maison ! Ils me déposent chez Alex et Maud, deux très bons amis, qui se sont mariés en juin.

Le lendemain, avec Florent et Alex, nous décidons d'aller faire un tour sur Grouse Mountain, l'une des montagnes qui culmine Vancouver. Nous mettons 1h02' pour les 852m de dénivelé du Grind, et nous arrivons en haut à temps pour profiter d'un divertissant spectacle de bûcherons.

Tout d'abord, il faut savoir couper à la hache

Mais il faut aussi savoir lancer sa hache !

Enfin, il faut être capable de grimper le long d'un tronc !

L'équipe, avec en toile de fond les télésièges et Vancouver !

Après ce sympathique bol d'air, nous nous retrouvons à English Bay pour le dernier feux d'artifice d'une compétition internationale. C'est surtout l'occasion de retrouver toute la bande de copain autour d'un bon barbecue ! J'ai beaucoup entendu parler de Vancouver l'été, presque trop, mais quand on passe des journées comme celle-ci, on se rend compte que c'est vraiment valable !

English Bay pleine de bateau pour le dernier feu d'artifice !

Le charme incomparable de Vancouver un doux soir d'été

Dimanche, j'organise ma farewell party, mon pot de départ. Je ne lésine pas sur les courses, et on fait comme d'habitude un énième barbecue. Mais je garde pour le dessert les éternelles bananes au chocolat et les chmore's, une spécialité américano-canadienne, qui consiste à faire un sandwich avec un chamallow, un carré de chocolat et deux petits beurres : une tuerie ! Deux potes, Ben et Léo, me font part de projet à vélo dans lesquels ils veulent se lancer. Je conseille à Ben un Vancouver - Jasper - Banff en 2 semaines, et je laisserai mon vélo à Léo, qui veut descendre à San Francisco. Aujourd'hui (début octobre) je sais que Ben a réussi et s'est bien fait plaisir tandis que Léo, partit il y a 4 jours, galère un peu avec le temps !

En tout cas quel honneur de voir que j'ai fait des émules ! Les gens rentrent au fur et à mesure, et je sens qu'une page commence à se tourner. En tout cas quel bonheur d'avoir pu tous les revoir une dernière fois !

Un dernier barbecue pour mon départ !

Lundi matin, alors que mon avion part le soir même, je décide compte-tenu de ma forme du moment, de faire un bon temps au Grouse Grind.


Le Grouse Grind (852m de D+) en 38'40'' qui dit mieux ?

Après cette course, je file manger avec mes anciens collègues de travail. Je suis content de les revoir et de leur montrer les photos de mon trip. Je déconne une dernière fois avec Julian, et je file chez Alex et Maud faire mes sacs. Maud m'accompagne à l'aéroport, c'est super sympa de sa part !

Adieu Vancouver, mais je reviendrais !

De l'avion, je vois le soleil se coucher sur Vancouver Island et le Pacifique, et les montagnes me narguent en dépassant des nuages. Outdoor, potes, boulot, j'ai passé des moments inoubliables ici, et j'envisage sérieusement de m'y revenir m'y installer pour un petit moment !

 Et pour finir, la vidéo nostalgie !

vendredi 15 juillet 2011

Collines verdoyantes

Alors comme je n'ai pas encore le temps de tout ecrire, voici quelques videos en attendant !

Cowboy trail



Le Prince de la Magie !



Et de 2000 !


Au bord du lac, un bon burger !




Ca souffle !

Un mini poste frontière

Welcome to Montana ! Enfin !

mardi 12 juillet 2011

Calgary Stampede - Old School Rodeo

 Le lendemain, on remet ca ! C'est tellement grand, et il y a encore pleins d'attractions que nous n'avons pas essayees.

C'est la foire !

On se retrouve a 4, Kevin, Lucas, Daniel (un ami) et moi, a circule et essaye les attractions. Meme si je suis le plus vieux du groupe, j'en profite et je m'amuse bien avec ma camera !

Des conditions de tournage pas toujours faciles !

On se balade, et on se retrouve vers midi pour assister a une demonstration canine. Au programme : epreuves d'agility, de saut en hauteur, de chaise musicale, c'est marrant et ca se deroule dans une bonne ambiance.

La Calgary Police veille au grain

A 13h30, on passe aux choses serieuses : le rodeo ! On se retrouve dans la meme tribune que la veille, mais tout a ete amenage.

Mon pote la mascotte du Stampede !

Et on commence avec le Bronco Riding : on met un cow-boy sur un cheval a qui on compresse les jumelles, les valseuses, enfin vous m'aurez compris. Le cheval, il n'aime pas trop ca, et c'est le principe, alors on assiste a des jolies ruades. Et comme le sol est toujours bien mouille, ceux qui tombent se retrouvent totalement repeints. Au final, ca fait pas mal de lessive ! Ce sont des juges qui estiment le style et la technique du cow-boys, et le notent sur un total de 100. Le vainqueur repart avec 5.500 dollars. C'est comme ca que l'on peut aussi estimer un cow-boy : a la somme d'argent qu'il a empochee.

Hold on !

Bronco Riding

 Puis on passe au steer wrestling, litteralement lutte avec le veau. Le cow-boy part sur son cheval, fond sur le veau et le met a terre en le retournant par les cornes. C'est le plus rapide qui gagne, avec des penalites si le cheval part trop tot.

Si tu continues, je te tords le cou !
 Steer Wrestling

Jusqu'a present, il n'y en avait que pour les hommes. Mais les cow-girls ont leur discipline a elles, le Barrel Racing. Comme je l'avais explique dans un precedant article, il faut faire le tour des trois tonneaux et revenir le plus rapidement possible. C'est une cow-girl de British Columbia qui a remporte la manche !

Une course, un baril, c'est le Barrel Racing bien sur !

 Bonne adherence dans les virages requise !

Et bien sur, on garde le meilleur pour la fin : le Bull Riding. Autant ils sont peu a tomber du cheval, autant le taureau fait un bien meilleur travail ! Il y a de la masse, il y a du muscle, et il y a du mouvement : spectacle garanti !

Taureau : 1 - Cow-boy : 0

 Bull Riding

 Il ne manquait plus que le Team Roping et on avait la totale. Rapidement, le team roping, c'est attraper un veau a deux, le premier lance son lasso et se saisit des cornes tandis que le lasso du deuxieme s'occupe des pattes arrieres de la bete qui se retrouve presque, j'ai bien dit presque, ecartelee. Cette discipline demande une grande coordination entre les deux cow boys et beaucoup d'agilite !

Apres etre repasses a la maison, Jody et moi nous rendons pour l'anniversaire d'Odile chez Andrew, qui heberge les Chomienne. Il habite une magnifique maison de l'autre cote de la Bow River, et il nous a prepare un superbe repas : ribs, burgers et chickens cuits au barbecue, avec une petite salade, tout ce qu'il faut pour un bon burger et de bons vins pour accompagner tout ca. Au dessert, Jody avait prepare des Golden Grams et Chamallows couverts de chocolat, tandis qu'Andrew avait achete un gateau glace : quel regal !

Bon anniversaire Odile !

Oui Maman, je mange a ma faim (et meme un peu plus !)

Ce matin, je profite de la connexion internet pour telecharger photos et videos, mettre a jour mon blog, et m'inscrire a nouveau a l'INSA et a l'universite de Karlsruhe ou je commencerais en octobre prochain ma derniere annee d'etude si tout se passe bien ! Je prevois de reprendre la route ce soir si tout se passe bien, direction le Sud, avec le parc Yellowstone dans le viseur !

lundi 11 juillet 2011

Calgary Stampede - The Biggest Outdoor Show on Earth

Ca y est, je les retrouve ! Mais qui ? Les Chomienne pardi ! De les revoir ici, meme si c'etait plannifie et attendu : quel surprise ! Fabrice, Odile, Kevin et Lucas, au grand complet ! C'est toujours bizarre de voir des mondes que l'on pensait si distant s'entrecroiser. Tout le monde se pose dans la cuisine chez les Eleys, et on se met a jour. Odile m'apporte dans un beau sac La Griotte (qui ne manque pas de reveiller pleins de vieux souvenirs), un GorillaPad pour mon appareil photo, une tablette de Cote D'Or, et ... deux paquets de Prince ! Merci infiniment Papa ! Comme on le dit si bien, deux paquets de Prince valent mieux qu'un long discours !

Des Altkirchois a Calgary !

Et puis on se met en route pour le temps attendu Stampede ! C'est grand, c'est la foire, il y a de tout, a commencer par le village indien.

Calgary Stampede : YA-HOO !

En direct du village Indien

Ca pourrait rentrer sur ma remorque, non ?
 Puis on circule ... Fabrice me dit que pour resumer, le Stampede c'est la foire du Trone, le Salon de l'Agriculture, le parc des Expositions de Mulhouse et un des plus grands rodeos Americains, rien que ca ! Je le remercie d'ailleurs au passage car la plupart des photos sont de lui, surtout celle de bonne qualite !

3 ou 9 mois ?
Apres avoir ete seul sur mon velo, c'est fou de se retrouver au milieu d'autant de monde : je regarde tout, partout, et pourrait m'assoir sur un banc pendant une heure rien qu'a regarder les gens passer.

L'essentiel, c'est de rebondir !

On rentre dans le Saddledome, le stade en forme de selle ou jouent l'equipe de hockey de Calgary, les Flames. Dedans, c'est un competition de team-cutting qui a lieu. Troix cow-boys doivent faire sortir du troupeau et regrouper dans l'enclos les trois veaux qui portent un numero donne. Et c'est carrement impressionnant ! Les chevaux sont rapides, mais surtout hyper-reactifs.

 Team cutting

On se balade encore un peu, on fait un manege qui consiste "simplement" a monter a 30m et a descendre en chute libre. C'est tout secoues que nous en sortons !
On se separe, et on en profite pour faire deux trois maneges avant de se retrouver pour le grand show du soir. C'est sans complexe que j'attaque une pleine assiette de poutine et une sorte de tarte aux churros, saupoudree de sucre glace. 

On se retrouve donc dans la grande tribune, ou tout spectacle commence par l'hymne canadien, tout le monde debout et le chapeau a la main. Le drapeau canadien passe meme dans les airs, porte par un helicoptere. Puis c'est parti pour les courses de chariot.

Les yeux dans les yeux restons face a face !

Attention, chausse glissante !

 Tout se joue au depart !

Une bonne averse innonde carrement la piste, mais cela n'arrete personne ! Au contraire, les derapages sont encore plus impressionnants, et conducteurs et cavaliers reviennent tout crottes !

Puis les chariots cedent la place au spectacle. La scene geante est amenee par un tracteur dont chacun des pneus est double. Tout se met en place sous la pluie, et elle s'arrete juste pour le debut du spectacle. Et la, c'est parti pour 2h de gros, gros spectacle : danses, choregraphies, acrobates, flammes, lumieres, comiques, musiciens, fanfares : tout y passe ! On ne sait meme plus ou regarder !

Des lumieres, du gros sons, et des choregraphies folles, on en a pris pleins les yeux !

Eux, c'etait pas des imposteurs !

C'est par ces deux types que j'ai ete le plus impressionne : tout en prenant leur temps, ils ont realise des figures incroyables, jusqu'a se porter l'un l'autre par la nuque ! Tout le monde retenait son souffle, et applaudissait a chaque realisation !

The Biggest Outdoor Show on Earth !

Le bouquet final a rempli tout le ciel autour de la tribune, et le Stampede n'a pas vole sa reputation, c'est bien le biggest outdoor show on Earth !

dimanche 10 juillet 2011

La route des Glaciers - Part 2

 C'est dur de se lancer sur une route que l'on connait deja. On connait sa longueur, ses cols et ses montees. Mais c'etait le prix a payer pour venir jusqu'ici !

 Je me suis leve en meme temps que Jef, j'ai prepare mes affaires, change une chambre a air dont la valve etait cassee, et j'ai decolle sans oser reveiller Annie, qui dormait encore. Je suis rapidement passe a un magasin de velo, pour etre sur que tous mes pneus etaient bien gonfles, particulierement celui de la remorque. Je me suis senti leger avec ces frottements minimises.

Columbia Icefield 102km, Lake Louise 220km : je connais le programme !

J'ai pris une derivation de 23km pour commencer, histoire de changer de paysage. Puis je suis tombe sur un Allemand qui venait juste de quitter Jasper. Sa particularite, rien sur son velo, tout dans sa remorque. Et quand je dis tout, c'est tout ! Tu le prends sortant de l'aeroport et tu remplis sa remorque avec ses deux sacs, son sac photo, et un bidon de 10L d'eau. Le pauvre, il avance a 9km/h sur du plat, je me demande comment il va s'en sortir ! Mais il est d'attaque, et il faut bien apprendre !

Je lui souhaite bien du courage !

La montee vers Columbia Icefield est plus dure que je ne le pensais, et surtout parce qu'elle est raide. Je m'arrete, surveille mes genoux, zig-zag sur la bande cycliste quand elle est assez large, et arrive de nouveau au grand centre. Je veux profiter d'une petite barre cereale sur la terrasse, quand une grosse averse se met a tomber. Je discute donc avec un Indien (d'Inde) qui n'a pas voulu suivre sa famille sur le glacier. C'est un gars tres interessant et interesse, avec qui j'ai eu du plaisir a discuter. L'averse terminee, je reprends la route. Et au lieu de m'arreter sagement au prochain camping, je decide de pousser de 40km de descente. Au final, j'arrive au camping fatigue, mais content de tomber sur une Sud-Africaine qui se lance aussi a velo, pour seulement quelques jours. Elle a aussi essayer de trouver du travail sur Vancouver, mais sans succes pendant 5 mois : dur ! Au petit-dejeuner, on rencontre un anglais moustachu avec de long cheveux et son fils allemand ! Le type me parle de sa vie, de son experience dans la legion etrangere, bla bla bla, sympa mais bavard. Au fait, avec la fatigue et la pluie, je me suis leve vers 9 heures et ai decolle vers 11h30 ... pour m'arreter 10km plus loin dans un restaurant, pousse par la faim. Un bon Fish & Chips m'a remis d'aplomb, que j'ai d'ailleurs partage avec l'anglais et son fils sur lesquels je suis retombe !

Je n'avais pas envie de resortir, la pluie et le vent n'aidant pas. Mais le ventre plein c'est plus facile, alors je me suis lance.


 D'abord un peu de pluie

 Et puis carrement un peu de neige !

Ca n'etait pas facile, mais c'est fait ! Il suffit de baisser un peu la tete, de penser a autre chose, ou de chanter un peu, et ca passe !

I did it !
Autant a la montee, le corps est une vraie chaudiere, et le froid n'est pas vraiment un probleme, autant a la descente, c'est une autre pair de manche ! J'enfile mon pantalon de pluie, mets mon bonnet, mes lunettes de soleil, ma capuche et mon casque, mes gants, passe les manches de ma veste par-dessus tellement le froid est tenace !

 La recompense du cycliste !

Ce qui est dur dans la vie du cycliste, c'est le contraste entre les moments difficiles passes sur le velo, et les moments faciles, au chaud dans la tente, ou autour du feu dans un camping. Mais le top, c'est quand meme la douche ! Tout les soirs, rivieres ou douches, j'essaie de me tenir propre, c'est la garantie d'une bonne nuit de sommeil !

Et en arrivant au camping de Lake Louise, je suis chanceux ! Mes voisins m'invitent pour le repas, auquel je me rends apres une bonne douche. Pommes de terre et steack, avec un bon cafe, je n'en demandais pas plus. C'est un couple de retraites qui ont beaucoup bouge au Canada, avec des randos au milieu de nulle part, deposes en helicoptere ou en hydravion. Maintenant, ils voyagent toujours mais avec leur caravane. Puis, comme j'ai encore faim, je me rends dans un abri commun bien rempli, ou il fait chaud grace au poele central qui tourne a plein regime. Deux couples allemands, un couple francais, deux potes flammands, et on discute de voyages, de randos, de boulot, et bien sur d'ours ! Il est minuit quand je vais me coucher, content d'avoir fait toutes ces rencontres.

Mais la difference, c'est que je me leve a 7 heures, et que je prends mon petit-dejeuner a 7h30 ! Et quand je vois passer un cycliste, qui plus est avec des sacoches, je ne peux m'empecher de lui mettre le grapin dessus ! C'est Ichiro, un Japonais qui a traverse les Etats-Unis a velo, et a decide de passer par le Canada avant de rentrer ! Voici son blog pour ceux qui lisent le language des Samourais : http://d.hatena.ne.jp/gt4400 . On dejeune ensemble et je lui offre un the, il me laisse un Snickers ! On demande a un gars qui passe de prendre une photo, et il reconnait mon accent, c'est un francais qui a passe 6 ans a Ottawa avec sa famille et qui voyage avant de rentrer. Ichiro reprend donc sa route, et je suis invite pour le cafe chez mes compatriotes. On discute, et en laissant l'adresse de mon blog, sa femme se rend compte qu'elle l'a deja visite ! Quelle surprise pour moi ! Je me mets donc en route avec la fierte de savoir que mon blog est bien lu !

Qui est-ce qui est reveille a 7h du mat' ? Les cyclistes bien sur !

En roulant sur la 1A, une route plus tranquille que la Transcanadienne, je tombe a nouveau sur d'autres cyclistes. Par-contre, ceux-ci ne sont pas des rigolos, des cyclistes du dimanche : ils voyagent en famille, depuis 8 mois, avec deux enfants de 3 et 5 ans. Alors la, je suis bluffe ! On discute materiel, itineraire, aventures, et je suis vraiment surpris : voila des gens qui se sont reellement donnes les moyens de vivre leur reve, en trouvant des solutions a chacun de leur probleme ! Pour ceux que ca interesse, voici leur blog : http://www.eveilnomade.fr/ ! C'est donc en me faisant la promesse de ne plus raler sur mon sort (meme si ca ne m'arrivait pas souvent) que je suis reparti, en leur souhaitant bon courage !

Certains jouent dans une autre categorie : bon courage les Murins !

A Banff, je fais un tour a la bibliotheque pour me mettre a jour sur Internet et preparer mon arrivee a Calgary. Je tombe une derniere fois sur l'anglais et son fils : quelle coincidence ! Puis je roule, et la ca avance carrement bien : une bonne route, qui descend le long de la Bow River, avec un vent de dos, et je tourne a 35km/h de moyenne pendant presque 3 heures ! Mais vers 7 heures, gros coup de barre, et je plante ma tente a 100m de la Transcanadienne, attaque par le moustique. Je me refugie dans ma tente, et dors de 7h du soir a 7h du matin, en finissant entre temps A Russian Journal de Joseph Steinbeck.

Petit-dej dans la tente, avec point carte !

Moi qui avait prevu d'arriver a Calgary vers 13h, c'est finalement vers 11h que j'apercois le saut a ski des JO 1988 (comment oublier que la Jamaique elle aussi a une equipe ? Rasta Rocket bien sur !). Et peu apres, je sonne chez les Eleys, des amis des Chomienne, mes anciens voisins a Altkirch. Judy, la mere de famille, m'accueille chaleureusement, et me mets tres vite a l'aise ! Il fait beau, la vue est superbe, et je peux prendre une douche. Dans quelques heures, je retrouve les Chomienne qui ont fait le grand voyage la veille, et qui m'ont promis de passer un super moment au fameux Stampede de Calgary. Can't wait !

jeudi 7 juillet 2011

Une journee Maligne au Lac Magique

Ce matin, je me suis reveille a 6h30, pas de repos pour les braves ! Je prepare mes affaires pour une grosse journee de kayak : en effet, Jef m'amene sur la ou il travaille, sur le lac Maligne.

Le lac est quand meme a 60km de Jasper, j'aurais pris un peu plus de temps en le faisant a velo. Sur la route, on croise Medicine Lake, un lac qui a la particularite de se vider par le fond, avec un debit maximum de 60.000 L/s. Donc si le debit entrant est superieur, le lac se remplit, sinon il se vide ! Et il arrive une fois tous les dix ans qu'il soir reellement plein et qu'il se vide par debordement. 

C'est vers 8 heures que nous arrivons enfin au lac Maligne. Tout est encore calme et silencieux. On rentre par les cuisines, et une delicieuse odeur de croissant vient me caresser les narines. Jef file vers la boutique, prend une carte du lac, on s'installe a une table. Il me fait rapidement le topo, avec les estimations et les points a ne pas manquer. J'ecoute attentivement, et prend un photo, au cas ou, une vieille habitude qu'on a prise avec Leo.

Le plan de bataille !

Puis Jef a des affaires a regler, il me demande donc d'aller l'attendre devant le Boat House, ou se trouvent tous les bateaux. La surface du lac est plane, il n'y a personne. J'ouvre les yeux, profite encore de la fraicheur matinale, et realise quelques cliches. 

Choisis ton kayak !

Les montagnes et sommets qui bordent le lac au loin m'appellent deja, et il me tarde de les rejoindre. Un groupe d'oies nage tranquillement, tandis que les moteurs des premiers bateaux commencent a tourner au ralenti, dans une odeur de gasoil qui me rappelle la peniche de mon oncle, au quai de l'Arsenal. 

Un sac etanche et deux gourdes : en avant !

Jef arrive accompagne de deux jeunes, responsables des locations. Il leur explique mon trip et m'offre le kayak pour la journee. Je remplis donc un papier, on me donne mon gilet, ma jupe et ma pagaie, et je me retrouve assis dans un beau kayak de mer orange, avec les dernieres explications. Puis je me retrouve sur l'eau sans crier gare. L'eau est toujours aussi calme et des montagnes et de leurs reflexions m'envoute. Un couple d'oiseaux traverse le ciel en formation serre, les oies se sont installees tranquillement sur la berge, et je commence a depasser les insectes qui volent en rase-motte au dessus de l'eau.

Une seule constante : la pointe de mon kayak

 Je me rapidement une plage : le depart etait si soudain que je n'ai pas eu le temps de me preparer. J'enfile donc casquette et lunettes de soleil, m'enduit de creme, pose une gourde sur le pond, regle le gouvernail au niveau des pieds, et je repars, serein.


 Un apercu avant le passage du premier bateau

Je m'attendais a ce que le passage des bateaux me gache tout le paysage, mais je suis etonnament surpris. Je me mets a l'ecart pour le laisser passer. Il ralentit quand il arrive a ma hauteur, pour ne pas faire trop de vagues, et reprend son rythme de croisiere. Je salue les passagers qui me rendent la pareille. Que je dois les faire rever ! Moi qui redoutait ces vagues, n'ont pas de peur de se retourner, mais plutot parce qu'elle risquait de briser la tranquilite de ce lieu, j'ai assiste a un bien etrange manege. Les vagues du bateau etant grandes et regulieres, les reflexions des montagnes se mettent a s'agiter , a danser, a bouillonner. On a l'impression qu'un volcan se cache sous chacune d'elles. Et quand elles sont assez grandes, un bout de ciel bleu ce glisse dans l'image, et on jurerait voir un lac apparaitre. Tout bouge, tout s'agite. Et puis je leve les yeux pour retrouver les originaux, et la, rien. Tout est calme, ces grands ensembles ne bougent pas d'un centimetre. Ces montagnes respirent de puissance, de sagesse de serenite. Leur impassibilite me surprend et m'envoute. Et bientot les vagues disparaissent, font un dernier bruit en allant s'echouer sur les berges, et tout redevient comme avant. 

Ce qu'il est content !

Et moi, je continue de pagayer en gardant en bon rythme et me rappelant un par un des conseil de Leo : avance toi bien, vas chercher loin avec ta pagaie, utilise tes hanches, ne plies pas les bras, sors la pagaie quand elle arrive a ta hauteur, regarde devant toi. Et ca marche ! J'arrive bientot au premier camping, a 14km du Boat House. Les premiers campeurs sortent leurs canoes, et je recontre une famille du Michigan. On discute, prend quelques photos, et on arrive au debarcadere, juste devant Spirit Island, une petite ile qui ne doit pas faire plus de 20m de long ! Mais l'eau a change de couleur, elle est plus bleue que jamais, et l'on apercoit des glaciers de par et d'autre du lac. 


On passe a autre chose !

Quand j'arrive au debarcadere, Jef est deja la, il a fait une rotation avec l'un des bateaux, et est impressionne que j'en sois deja la ! On prend une photo ensemble puis il repart. Je me melange avec les touristes qui font un petit tour et profitent du paysage. Sauf qu'au coup de klaxon, moi je peux rester, eux doivent repartir !

Une belle photo de touriste !

Il est midi, et je me mets a la recherche d'un endroit ideal pour profiter de mon pic-nic. Je tombe sur un spot parfait, avec deux sapins pour accrocher mon hamac, de l'ombre, une vue sur le lac, et meme une petite plage pour laisser mon kayak. Je coupe quelques petites branches et m'installe, c'est le bonheur ! Je deguste mes sandwichs a base de baguette, moutarde, jambon fume de Montreal et camembert. J'ai meme quelques framboises pour le dessert. Un petit vent souffle, les bruits des vagues me berce tout comme mon hamac qui se balance tout doucement. C'est le bonheur !

 La Vraie Vie !

Mais le temps passe, et je me prepare a repartir. En remplissant ma gourde, je m'apercois que l'eau n'est pas si froide, et je me dis que c'est le moment ou jamais pour se baigner ! Ni une ni deux je suis dans l'eau, et me laisse secher au soleil. 

Se baigner au pied des glaciers : c'est fait !

Je quitte avec regret ce petit paradis, et essaie de pousser mon exploration du lac le plus loin possible. Je me retourne une derniere fois pour immortaliser ce lieu.

The Perfect Spot !

Il est 14h40 quand je me vois forcer de faire demi-tour, sous peine de ne pas etre a l'heure pour redescendre avec Jef. Je n'etais pourtant pas loin du deuxieme camping, a 22km du point de depart ...


Il faut bien faire demi-tour !

Je m'apercois que si je veux etre a 18 heures de retour, il va vraiment falloir que je m'active ! Et j'ai donne beaucoup d'energie pour lutter contre le vent pour arriver la ou j'en etais. Le retour va etre long ! Je prends donc un rythme pas trop rapide, mais je me donne quand meme. Et puis je surveille ma montre. Je commence meme a passer en revue toutes les chansons du repertoire scout que je connais, histoire de faire passer le temps. Et ca marche ! Il est exactement 18h quand je rends le kayak. Je donne un petit coup de main pour ranger et je rejoins Jef qui venait juste de revenir avec son 4x4. Il avait en fait encore un peu de travail, et j'ai le temps de recuperer sur la terrasse, en contemplant une derniere fois ce lac qui m'a tant fait rever !

On repasse a la maison, prend une biere et une douche chacun histoire de decompresser, et on file au lodge ou travaille Annie, pour un petit restau du soir. Jef prend des moules tandis je me regale de poutine et de poulet frit. Il retrouve Jess, un ami a lui qui est alle faire du planting dans le Nord de BC, un boulot eprouvant (pluie, boue, moustiques), dans des endroits tres recules, mais qui paye bien. Le principe est simple : on est paye au nombre  de pousses d'arbres plante. On se retrouve a l'appart, autour d'une bonne bouteille, mais je ne bois plus et me couche pas trop tard : je dois reprendre la route le lendemain. En tout cas, je ne suis pas mecontent d'avoir fait ce detour par Jasper, et c'est des souvenirs pleins la tete que je roulerais ces prochains jours !

lundi 4 juillet 2011

La route des Glaciers - Part 1

Apres avoir quitte Olivier a la gare routiere, j'ai fait 25km histoire de me mettre en jambe pour la suite. Bien m'en a pris, je n'ai rien paye au camping, la receptionniste a cru que j'avais passe une journee harrassante ! Je suis retombe sur les Allemands sur lesquels j'etais tombe a Banff, et nous avons petit-dejeuner ensemble.

Jasper 230km

Puis j'ai pedale, et comme il faut. C'est marrant, j'avais cette impression de ne pas avancer, d'avoir les jambes lourdes ... en fait, c'est le Bow Pass que j'ai passe a 2060m d'altitude : fatal ! J'en ai meme profite pour monter encore un peu pour admirer la vue sur le Peyto Lake, le plus bleu des Rocheuses !


Peyto Lake

J'ai passe la nuit dans une auberge. Apres le week-end de Canada Day, j'etais le seul client ! J'ai donc partage mon repas avec Mackenzie, le manager, qui devait avoir mon age. Ca fait du bien de dormir au chaud, et de faire secher ses affaires. Et puis, il y a toujours des cartes a etudier, et des bouquins a feuilleter.

Ramparts Hostel, pour moi tout seul !

La journee a tres bien commence, beau ciel bleu, une petite brume signe qu'il va faire beau. Par-contre, niveau montee, j'en ai eu pour mes cuisses : c'est qu'il faut y monter au Columbia Icefield !
La, ca montait !

Et puis, sans m'en rendre compte, la temperature a bien baissee, et me voila avec ma veste. Le paysage commence a devenir carrement mineral, presque lunaire. J'arrive enfin dans le parc national de Jasper, signe que le glacier n'est plus tres loin !
On passe d'un parc ... a l'autre !

Je m'arrete dans le grand centre qui fait face au glacier Athabasca. Les parkings sont pleins de bus et de touristes. La grande mode, c'est d'aller faire un tour sur le glacier dans un de leur gigantesque bus a 6 roues, qui passent partout. En fait, comme vous pouvez le constater sur la photo ci-dessous, les langues tout autour sont les glaciers, et la majeur partie constitue le champs de glace. Celui-ci, le Columbia Icefield, fait 340km2 et a la particularite de se deverser dans 3 oceans : Atlantique, Pacifique et Antartique.
Columbia Icefields : un vrai champ de glace !

Il faut ce qu'il faut pour monter sur le Glacier !

 A la descente, ca ne rigole pas ! Je mets mes lunettes de soleil pour eviter que des poussieres me derangent. Le profil de la journee etait le suivant : 40km de montee, pour 100 de descente jusqu'a Jasper. Et comme je voulais vraiment arriver le soir meme, j'ai donne. Et meme si ca descend, ca fatigue. Et je commence a compter les kilometres et les heures ... quand soudain, j'apercois un sommet que je reconnais : le Whistlers Summit, avec son telepherique. Et la, derriere mes lunettes de soleil et sous mon casque, j'ai pleure de bonheur ! Jasper n'est plus loin, et tous les souvenirs de l'ascension hivernale de ce sommet en raquette me sont revenus. Ca m'a donne du baume au coeur, et j'ai pedale de plus belle. Le vent est devenu chaud, le soleil me rechauffait, le macadam de la route est devenu neuf (reellement !), le pollen volait, et mon sourire remontait jusqu'a mes oreilles !

Et la, j'ai pleure ... pleuree ee !

Le chemin de Jasper jusqu'au debut de la randonne en raquette qui m'avait semble si court s'est raccourci, et c'est la fleur au fusil que je suis arrive a l'appartement de Trish et Kerry, mes hotes wwoofers. Helas, personne n'etait la, j'ai du demander un telephone aux voisins pour apprendre que je ne pouvais pas dormir ici. Heureusement, j'avais garde le numero de Jef, le Quebecois qui faisait tourner un magasin de location de ski et raquette, et il m'a propose de m'heberger. Je ne le remercirais jamais assez ! Sa copine, Annie, etait aussi la, et je me suis presque retrouve en famille ! Ils m'ont servi d'excellent restes du gros repas qu'il venait d'avoir, avec le verre de vin rouge qui va bien, et c'est tout joyeux que je me suis couche !